Le NPA et les élections européennes de 2009;

Publié le par pc.duclos.cuers

Le NPA d’Olivier Besancenot montre des réticences à participer à un front progressiste par rapport aux élections européennes de 2009. Cette attitude semble emprunter des vieux réflexes LCR.

Premier défi électoral pour le NPA dont la naissance est programmé en janvier prochain, les européennes risquent de donner du fil à retordre à ses dirigeants.

Le contexte d’un appel à constituer un large « front progressiste » lancé par  le PCF, auquel le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a déjà répondu favorablement et dont les médias ont quasiment passé sous silence la conférence de presse organisée avec Marie-Georges Buffet, embarrasse le parti trotkiste.

La main tendue de Mélenchon qui a déclaré : « je fais à mon tour cette offre au NPA en lui demandant d’y réfléchir à deux fois. Nous pouvons faire passer un front dans le respect de ce que chacun est. » séduit une partie de la LCR et son courant minoritaire et unitaire.

« Le PCF a produit un texte d’où ressort une série de généralités pour ne fâcher personne et préparer l’union » fait mine de s’inquiéter Alain Krivine, porte parole de la LCR. Il voudrait préparer un désaccord prévisible qu’il ne s’y prendrait pas mieux.

Ce jugement fait grincer des dents au sein même de la LCR et Christian Picquet, le leader du courant minoritaire a déclaré : «  avant même que le débat ne soit seulement engagé avec les partenaires potentiels…Alain Krivine paraît déjà écrire la fin du film. »

Le futur NPA est ainsi soupçonné d’avoir déjà décidé de refuser toute alliance, bien que se proclamant pourtant « absolument ouvert à la discussion.  » Mais peut-être préfère t-il

envoyer Besancenot sur les plateaux de télévision comme encore récemment chez Alette Chabot.

"Nul ne saurait  ruser avec une telle opportunité, ni se défausser au nom de telle ou telle contrainte du débat interne….et encore moins se saisir du premier prétexte venu pour refuser l’évènement qui serait de nature à bouleverser le panorama politique du pays. " renchérit Christian Picquet.

De son côté, à court d’arguments, la Direction de l’appareil trotskiste agite le drapeau de la menace d'alliance avec les sociaux-démocrates européens pour justifier son cavalier seul et rappèle sa déclaration du 17 novembre : « Nous réaffirmons notre indépendance par rapport aux partis sociaux-démocrates et à leurs alliés . »

En fait le NPA joue au poker menteur car au-delà des désaccords stratégiques, il est résolu à tout miser sur le succès médiatique et savamment entretenu d’Olivier Besancenot, pour installer son leadership à la gauche du PS.

 

Ce pari est risqué car il pourrait cette fois ci se retourner contre un « parti anti-capitaliste »  qui aurait manqué un moment historique avec la vraie gauche en démontrant qu’il n’a rien de « nouveau. »

 

A quand le parti de Besancenot en finira avec le gauchisme, qui derrière une dialectique bien huilée, nuit à la construction d’un front de gauche. Au moment où les conditions découlant de la crise du système capitaliste plongent des milliers de gens dans l’angoisse et la difficulté, en agissant ainsi, le parti de Besancenot se fait l’allié objectif de la droite, qui sans cette nécessaire évolution et maturité de la part du facteur de Neuilly, aura encore de beaux jours devant elle.

 

Jean-Marie Bernardi.

  
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Publié dans Front de Gauche

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