AUBRY ELUE AVEC 42 VOIX DE PLUS. Quel avenir pour le PS ?

Publié le par pc.duclos.cuers

 

 

Actus humanite.fr 22-11-2008

 

Paysage après la crise

 

Le conseil national du Parti socialiste "se réunira mardi soir" pour se "prononcer sur le résultat et désigner la prochaine première secrétaire", a déclaré samedi le patron sortant du PS, François Hollande.

François Hollande, Premier secrétaire sortant du Parti socialiste, a déclaré samedi matin à Tulle qu’"un résultat est connu" à l’issue du scrutin pour désigner son successeur et qu’"il doit être validé" par un Conseil national du parti convoqué mardi.

La députée PS Aurélie Filipetti, proche de Ségolène Royal, a estimé samedi que "le vieux" PS s’était "arc-bouté" et avait "tout fait pour empêcher la victoire" de Mme Royal au poste de premier secrétaire.

"Il y avait un élan, une dynamique en faveur de Ségolène Royal qui était portée par le vote des militants (…) Et on voit que le vieux parti s’est arc-bouté et a tout fait pour empêcher la victoire de Ségolène Royal", a indiqué la députée de Moselle sur France Bleu Lorraine.

"Nous demandons des vérifications sur ce qui s’est passé dans les départements du Nord et de la Seine-Maritime", a-t-elle poursuivi, estimant anormal que Mme Royal "ait progressé dans la plupart, voire dans toutes les fédérations de France sauf" dans ces deux départements.

Selon la totalisation du vote national des militants transmise par le PS, Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix. "Arriver à un résultat aussi serré sur 140.000 électeurs, c’est quasiment impossible", juge Mme Filipetti.

Le camp Aubry a contesté des irrégularités dans le département du Nord, soulignant que Mme Royal y avait progressé entre les deux tours et que ses représentants y avaient cosigné le procès-verbal du scrutin.

Revoter ?

Tout en écartant l’idée du scission du Parti socialiste, Manuel Valls, un des lieutenants de Ségolène Royal, a estimé samedi que "la fracture sera(it) durable" si les militants ne revotent pas après la victoire sur le fil de Martine Aubry dans la course au premier secrétariat du PS.

Valls, qui était interrogé sur l’antenne de RTL au sujet de l’étroitesse du score - 42 voix d’avance pour Aubry face à Royal - a déclaré qu’il insinuait "un doute dans l’esprit, un poison entre nous".

"Tout a été fait depuis des mois pour écarter Ségolène Royal", a affirmé le maire d’Evry, ajoutant : "Pour sortir de ce doute, de cette situation, il faut organiser dans la plus grande transparence, un deuxième tour, un deuxième vote."

Interrogé dans la même émission, Jean-Christophe Cambadelis, un des proches d’Aubry, a estimé que le vote serré de la nuit de vendredi à samedi ne prêtait pas à contestation.

"Il n’y a pas de doute, nous sommes arrivés en tête, Martine Aubry est arrivée en tête. Il est évident qu’elle a gagné. Nous, nous ne contestons rien. Nous prenons le système tel qu’il est. Martine Aubry a été élue."

Cambadelis a dit "ne pas douter" que le conseil national du PS convoqué par le premier secrétaire sortant François Hollande pour mardi prochain validera les résultats et la victoire de la maire de Lille. "On ne va pas passer la semaine là-dessus", a-t-il ajouté.

Duel Aubry/Royal : le film d’une nuit qui a fracturé le PS

Des cris de victoire qui changent de camp, des militants qui s’invectivent, une victoire annoncée pour 42 voix de Martine Aubry et sa rivale, Ségolène Royal, qui demande un nouveau vote : récit d’une folle nuit qui a fracturé le Parti socialiste.

 

LE DEROULEMENT DE LA SOIREE ET DE LA NUIT.

 

         23h00. Extérieur nuit. Devant le siège du PS rue de Solférino, par texto, au téléphone. Les amis de Ségolène  Royal pronostiquent "une nette victoire" de l’ex-candidate à la présidentielle.

  • Même heure. Intérieur nuit. "On leur laisse le parti, et on garde le socialisme !", lance Martine Aubry entourée de ses proches à l’Assemblée dans l’appartement de la questure de son amie Marylise Lebranchu.
  • 00h43. Intérieur nuit. Même lieu. Lieutenant de Martine Aubry, Claude Bartolone affirme que la maire de Lille "ne peut plus être battue".
  • 01h10. Au QG de sa rivale, boulevard Raspail, Manuel Valls, s’emporte : "Nous ne nous laisserons pas voler la victoire".
  • 01h15. A Lille, une centaine de militants célèbrent déjà la victoire de leur maire et répondent à Valls : "mauvais joueur !"
  • 02h00. QG de Royal. Valls persiste et signe : "la victoire de Ségolène est inéluctable".
  • 02h30. Retour à Solférino. La direction ne peut pas annoncer de résultats en raison d’écarts "extrêmement serrés" et prie les deux candidates et leurs entourages de s’abstenir de "déclarations intempestives".

Même heure, extérieur nuit. Rassemblement d’une centaine de "camarades" devant les grilles du Solférino. "Unité", crient les aubrystes. "Magouilleurs", répondent les royalistes.

  • 03h00. "Je ne me laisserai pas faire", lance l’ex-candidate à l’Elysée qui fonce dans la nuit vers son QG parisien pour une réunion de crise.
  • Martine Aubry appelle Ségolène Royal. Devant les journalistes, elle prône ensuite "une attitude de responsabilité".
  • 04h00. Solférino. François Hollande aura été invisible et muet toute la nuit. De sources sûres, il était en Corrèze.
  • 04h30. Ségolène Royal demande un nouveau vote des militants, par la voix de son avocat Jean-Pierre Mignard qui évoque des résultats "contestés et contestables". Réponse immédiate de Mme Aubry : "ça n’a pas de raison d’être".
  • 05h00. L’univers socialiste est suspendu aux résultats de la Guadeloupe, en raison du décalage horaire. Il tombe, donne une nette avance à Mme Royal. Mais Martine Aubry conserve une avance de 42 voix, selon ses proches.
  • 05h40. Aubry : 67.413 voix (50,02%), Royal : 67.371 (49,98%). C’est confirmé, la victoire se joue à 42 voix, d’après le mail de la direction du PS intitulé "totalisation des centralisations fédérales".
  • 05h45 : Un conseil national (parlement du PS) sera convoqué, sans doute mercredi, pour examiner les résultats. Il est seul habilité à les valider. Entre-temps, des recours sont possibles.
  • 06h45 : A la demande de Ségolène Royal, Julien Dray appelle l’AFP pour insister : "Nous contestons ces résultats. On veut un nouveau vote".

 



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Publié dans politique nationale

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